Ce qu’il faut savoir
- La garantie incendie ne se vend presque jamais seule en France. Elle est intégrée à la multirisque professionnelle, ce qui explique pourquoi vous ne trouvez pas de tarif isolé.
- Le premier prix d’un contrat contenant la garantie incendie démarre à 25 € par mois. Un commerce de détail installé paie plutôt 40 à 120 € par mois.
- À l’intérieur de la cotisation, la partie incendie représente en général 25 à 40 % du montant total.
- Le prix dépend d’abord de votre activité. Un bureau et une friterie ne sont pas sur la même grille.
- Locataire, l’article 1733 du Code civil vous présume responsable de l’incendie du local que vous occupez. C’est la raison pour laquelle aucun bailleur ne signe sans attestation.
- Extincteurs vérifiés, hotte nettoyée, électricité aux normes : si ces conditions figurent au contrat et ne sont pas respectées, l’indemnisation peut être réduite de moitié.
- Le coût moyen d’un sinistre incendie en entreprise tourne autour de 225 000 €, et le retour à l’activité prend six à dix-huit mois.
Un boulanger de la région lyonnaise a vu sa réserve partir en fumée un dimanche soir, à cause d’un chargeur de transpalette laissé branché. Dégâts matériels : 84 000 €. Il était assuré. Il a touché 61 000 €, parce que son contrat prévoyait le remboursement du matériel en valeur vétusté et que son extincteur de réserve n’avait pas été vérifié depuis trois ans.
Cette histoire résume assez bien le sujet. La question « combien coûte une assurance incendie pour un commerce » a une réponse simple sur le devis, et une réponse beaucoup moins simple le jour du sinistre. Voici les deux.
D’abord, une précision qui vous fera gagner du temps
Si vous cherchez un contrat vendu uniquement sous le nom « assurance incendie », vous allez tourner en rond. En France, pour un commerce, cette garantie n’est plus commercialisée séparément. Elle constitue le socle de la multirisque professionnelle, aux côtés du dégât des eaux, du vol et de la responsabilité civile.
Autrement dit, quand vous demandez le prix d’une assurance incendie pour votre commerce, vous demandez en réalité le prix d’une multirisque pro. C’est une bonne nouvelle sur le plan budgétaire : la mutualisation des garanties dans un seul contrat revient nettement moins cher que de les acheter à l’unité, quand c’est même possible.
Reste à savoir ce que pèse la partie incendie dans le total. On y vient.
Combien coûte une assurance incendie pour un commerce en 2026
Le premier prix
Un contrat multirisque professionnelle incluant la garantie incendie démarre à 25 € par mois, soit 300 € par an. Ce tarif correspond à une petite surface, un stock limité et une activité à faible risque de feu.
Les tarifs réels selon le profil
Les prix d’entrée servent d’accroche. Voici ce que paient trois commerces avec un local, un stock et un chiffre d’affaires réels, garantie incendie incluse.
| Profil du commerce | Cotisation mensuelle totale | Part incendie estimée |
| Magasin de vêtements, 65 m², stock 90 000 €, CA 280 000 € | 70 € | 18 à 25 € |
| Librairie papeterie, 110 m², stock 110 000 €, CA 420 000 € | 95 € | 25 à 35 € |
| Magasin d’électroménager, 140 m², stock 200 000 €, CA 650 000 € | 120 € | 35 à 45 € |
Une manière plus directe de retenir l’ordre de grandeur : la garantie incendie représente à peu près un tiers de votre cotisation multirisque. Sur un contrat à 90 € par mois, comptez une trentaine d’euros pour la protection contre le feu.
Le poids de l’activité
C’est le critère qui creuse le plus les écarts. Les assureurs classent les commerces selon leur exposition au départ de feu.
| Niveau de risque | Activités concernées | Impact sur la prime incendie |
| Faible | Bureau, cabinet, librairie, magasin d’optique, boutique de vêtements | Grille de base |
| Moyen | Épicerie, magasin de décoration, salon de coiffure, commerce de détail avec réserve | +20 à 40 % |
| Élevé | Restaurant, boulangerie, pizzeria, friterie, pressing, garage | +60 à 150 % |
| Très élevé | Atelier manipulant des solvants, stockage de produits inflammables, menuiserie | Tarification au cas par cas |
Un restaurant avec friteuse et hotte d’extraction peut payer deux fois ce que paie une boutique de prêt-à-porter de surface identique. La cuisine professionnelle concentre trois sources de départ de feu dans quelques mètres carrés : la flamme, la graisse accumulée dans les conduits, et les équipements électriques en fonctionnement continu.
Les six critères qui font bouger la facture
La valeur des biens à reconstituer. Bâtiment si vous en êtes propriétaire, aménagements, mobilier, matériel, stock. Plus la somme à remplacer est élevée, plus la prime monte.
L’activité, on vient de le voir.
La configuration du local. Un commerce en rez-de-chaussée d’immeuble d’habitation coûte plus cher qu’un local isolé en zone d’activité. La mitoyenneté multiplie le risque de propagation, donc le montant potentiel du sinistre.
Les moyens de protection. Extincteurs conformes, détecteurs, alarme incendie, désenfumage, système d’extinction automatique en cuisine. Un local équipé et entretenu obtient des conditions meilleures, parfois 10 à 20 % de moins sur la partie incendie.
L’état de l’installation électrique. L’électricité est la première cause d’incendie dans les locaux professionnels. Un tableau ancien sans différentiel, des multiprises en cascade, une installation jamais contrôlée : l’assureur le voit, et le facture. Certains exigent un rapport de vérification annuel type Q18 avant d’accepter le risque.
L’historique de sinistres. Un incendie déclaré dans les cinq dernières années vous sort de la grille standard, quand il ne vous fait pas refuser.
Ce que la garantie incendie couvre vraiment
Beaucoup de commerçants croient qu’elle indemnise uniquement ce qui a brûlé. En réalité, la couverture est plus large :
- les dommages causés par le feu, la chaleur, les gaz et les fumées ;
- les dégâts d’eau provoqués par l’intervention des pompiers, qui font souvent plus de dégâts que les flammes elles-mêmes ;
- l’explosion et l’implosion ;
- la foudre, en direct ou par surtension ;
- le choc d’un véhicule terrestre contre le local ;
- les dommages électriques sur les appareils et les canalisations ;
- les frais de déblais et de démolition, le nettoyage de la suie, parfois la décontamination.
Ce dernier poste est régulièrement sous-estimé. Après un feu de faible ampleur, le nettoyage des suies et la remise en état de l’air représentent souvent 15 à 25 % de la facture totale. Vérifiez qu’il figure dans vos garanties et non dans les options.
Ce qu’elle ne couvre pas
Les exclusions reviennent d’un contrat à l’autre. Les principales :
- l’incendie volontaire commis par l’assuré ou avec sa complicité ;
- les dommages résultant d’un défaut d’entretien manifeste ou du non-respect des mesures de prévention contractuelles ;
- les biens laissés dans un local vacant au-delà d’une durée prévue au contrat ;
- les objets de valeur, espèces et documents, qui relèvent de garanties spécifiques ;
- les marchandises stockées hors des locaux déclarés.
Le deuxième point mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est celui qui coûte le plus cher aux commerçants.
Le piège qui coûte la moitié de l’indemnisation
Votre contrat contient probablement des obligations de prévention. Elles sont écrites, rarement lues, et parfaitement opposables.
Selon les activités, on y trouve : la vérification annuelle des extincteurs par un professionnel agréé, le contrôle périodique de l’installation électrique, et pour la restauration le nettoyage annuel des conduits d’extraction ainsi que le dégraissage mensuel des filtres de hotte. Un extincteur pour 20 m² de cuisine est une exigence courante.
Si vous ne respectez pas ces mesures et qu’un incendie survient, l’indemnisation peut être réduite jusqu’à 50 %. Ce n’est pas une clause théorique : c’est l’un des motifs de réduction les plus appliqués en pratique. Le boulanger de l’introduction en a fait les frais.
Le calcul est vite fait. Un contrat de vérification d’extincteurs coûte 60 à 150 € par an. Le nettoyage annuel d’une hotte professionnelle, 250 à 500 €. Face à un sinistre moyen à 225 000 €, la ligne budgétaire ne se discute pas.
La perte d’exploitation, la ligne que tout le monde rogne
Votre local a brûlé, les murs sont assurés, le stock aussi. Et pendant les six mois de travaux, vous payez le loyer, les salaires et l’échéance du prêt sans encaisser un euro.
C’est le rôle de la garantie perte d’exploitation. Une précision technique importante, souvent mal comprise : elle n’indemnise pas votre chiffre d’affaires perdu, mais votre marge brute, c’est-à-dire la marge sur coûts variables. La distinction change complètement le montant du chèque, et elle explique pourquoi le calcul de l’indemnité prend du temps.
Cette garantie démarre autour de 5 € par mois pour un petit commerce. C’est le meilleur rapport du contrat, et pourtant c’est la première ligne que les commerçants suppriment pour faire baisser la cotisation.
Un chiffre pour situer l’enjeu : le délai moyen de retour à l’activité après un sinistre important est de six à dix-huit mois. Environ 30 % seulement des entreprises sinistrées disposaient d’un plan de continuité.
Ce que la loi vous impose
Il n’existe pas d’obligation légale générale d’assurer un commerce contre l’incendie. Mais deux mécanismes rendent la question théorique.
Si vous êtes locataire, l’article 1733 du Code civil vous présume responsable de l’incendie du local que vous occupez, sauf à prouver qu’il est survenu sans votre faute. La charge de la preuve est sur vous, et elle est difficile à porter. Votre bail commercial exigera donc la garantie des risques locatifs, qui couvre l’incendie, l’explosion et le dégât des eaux, avec une attestation à fournir chaque année.
Attention à ne pas confondre : la garantie risques locatifs protège votre bailleur, pas votre activité. Elle indemnise les murs. Si votre stock brûle, elle ne vous verse rien. C’est exactement pour cela qu’une multirisque complète est nécessaire.
Si vous êtes propriétaire non occupant d’un local en copropriété, la loi ALUR vous impose au minimum une responsabilité civile. Hors copropriété, aucune obligation, mais votre banque en exigera une si le local garantit un prêt.
Si votre commerce est un ERP, s’ajoutent des obligations de sécurité incendie propres à votre catégorie : registre de sécurité, formation du personnel, moyens de secours, commission de sécurité. Un manquement constaté peut être opposé par l’assureur.
Combien coûte un incendie que vous n’avez pas assuré
Les chiffres remettent les 30 € mensuels à leur place.
Chaque année en France, plus de 16 000 incendies se déclarent sur des lieux de travail. Le coût moyen d’un sinistre incendie en entreprise est estimé à 225 000 €, et grimpe à 1,5 million d’euros pour les sinistres industriels selon les données de France Assureurs. Le plus lourd n’est pas le matériel : la moitié des entreprises victimes d’un sinistre majeur ne retrouvent jamais leur niveau d’activité antérieur.
Cinq leviers pour payer moins sans perdre en protection
Comparez à garanties identiques. L’écart entre le contrat le moins cher et le plus cher atteint 30 à 40 % pour une couverture équivalente. Encore faut-il comparer les mêmes plafonds et les mêmes franchises, sinon l’exercice n’a aucun sens.
Faites contrôler votre installation électrique. Un rapport de vérification récent est un argument de négociation direct sur la partie incendie, et il élimine la première cause de départ de feu.
Équipez et documentez. Extincteurs vérifiés, détecteurs, alarme reliée. Transmettez les justificatifs à votre assureur : la remise n’est presque jamais appliquée d’office.
Ajustez la franchise plutôt que les garanties. Passer de 150 à 500 € de franchise fait baisser la prime de 10 à 20 %, sans toucher à votre niveau de couverture réel.
Réévaluez vos capitaux chaque année. Sous-déclarer son stock fait baisser la cotisation et déclenche la règle proportionnelle le jour du sinistre. Si vous déclarez 40 000 € de stock alors que vous en avez 80 000, l’assureur divise votre indemnité par deux. Le calcul est mécanique et il n’est pas négociable.
Questions fréquentes
Quel est le prix d’une assurance incendie pour un commerce en 2026 ?
Le contrat qui la contient démarre à 25 € par mois. Pour un commerce de détail installé, comptez 40 à 120 € par mois au total, dont environ un tiers pour la partie incendie.
L’assurance incendie est-elle obligatoire pour un commerce ?
Pas en tant que telle. Mais si vous êtes locataire, votre bail l’exige via la garantie risques locatifs, et l’article 1733 du Code civil vous présume responsable en cas d’incendie du local.
Peut-on souscrire une garantie incendie seule ?
Pour un commerce, c’est très rare. Elle est intégrée à la multirisque professionnelle, ce qui revient moins cher que d’acheter les garanties séparément.
Les dégâts des eaux causés par les pompiers sont-ils couverts ?
Oui. La garantie incendie couvre les dommages liés aux opérations d’extinction, y compris l’eau et la mousse.
Mon assurance peut-elle refuser de m’indemniser après un incendie ?
Elle peut réduire l’indemnité si les mesures de prévention prévues au contrat n’ont pas été respectées, la réduction pouvant atteindre 50 %. Le refus total est réservé aux cas de fausse déclaration ou de sinistre volontaire.
Combien de temps ai-je pour déclarer un incendie ?
Cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre, sauf disposition plus favorable de votre contrat.
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Les fourchettes de cet article donnent un ordre de grandeur. Votre cotisation réelle dépend de votre activité, de la configuration de votre local et de vos moyens de protection.
Trois informations suffisent pour obtenir une proposition chiffrée : votre numéro SIRET, la surface de votre local, et la valeur de votre stock moyen.
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Sources et références
- Assurance incendie commerce : définition, obligation et tarifs, Orus
- Assurance commerce : tarifs, devis en ligne et conseils, Coover
- Assurance incendie dans votre entreprise ou commerce, MAPA Assurances
- Assurance local commercial : prix et garanties 2026, Companeo
- Les sinistres incendie en entreprise : enjeux, conséquences et rôle de l’assurance perte d’exploitation, Guillaume Aksil, Lincoln Avocats, Décideurs Magazine


